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La filière cacao camerounaise entame la campagne 2026/2027 dans un contexte marqué par une exigence croissante de transparence et de durabilité, mais aussi par une contestation affirmée des producteurs quant à leur rémunération. C’est dans cette perspective que l’ONCC a organisé, les 5 et 6 août 2026 à Yaoundé, un forum réunissant l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur autour de cette question. C’est lors de ce forum qu’a émergé l’idée d’une « OPEP du cacao », un cartel des pays producteurs africains destiné à peser collectivement sur les prix internationaux. En réponse, le Secrétaire Exécutif du Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC) a recentré le débat sur une échelle où les producteurs peuvent agir dès aujourd’hui : celle de leur propre organisation collective, à travers le regroupement des coopératives existantes. DYPADEL a produit une note d’analyse consacrée à cette proposition, à ses conditions de réussite et à ses implications concrètes pour le revenu du producteur.

Un émiettement qui affaiblit les producteurs

Dans de nombreux bassins de production camerounais, chaque village compte des dizaines de petites coopératives au tonnage marginal. Cette atomisation produit des effets concrets et mesurables : incapacité à négocier des primes de qualité faute de volume suffisant, renchérissement des coûts par duplication des charges fixes, incapacité à financer les campagnes de géolocalisation exigées par le Règlement européen sur les produits zéro déforestation (RDUE), et affaiblissement de la voix collective des producteurs face aux acheteurs, aux transformateurs et aux pouvoirs publics.

Un enjeu particulièrement sensible ressort de cette analyse : la perte de maîtrise, par les producteurs, de leurs propres données de géolocalisation. Faute de coopératives suffisamment structurées, ce sont souvent les acheteurs et exportateurs qui financent et pilotent eux-mêmes ces campagnes créant une double dépendance, commerciale et informationnelle, pour le producteur.


La mutualisation comme réponse stratégique

Face à ce constat, la note plaide non pour la création de nouvelles structures, mais pour la fédération des coopératives existantes en ensembles de taille critique. Un tonnage consolidé permet de restaurer le pouvoir de négociation, de réaliser des économies d’échelle, d’absorber collectivement les exigences de conformité réglementaire, et de renforcer le poids institutionnel des producteurs dans le dialogue avec le CICC, l’ONCC et les pouvoirs publics.

La gouvernance, condition de la réussite

La note insiste sur un point essentiel : le tonnage consolidé ne suffit pas. Sans démocratie interne, transparence financière et professionnalisation de la gestion, un regroupement mal gouverné risque de reproduire, à plus grande échelle, les dérives qu’il est censé corriger. DYPADEL formule à ce titre des recommandations précises adressées aux producteurs et coopératives, au CICC et à l’ONCC, aux pouvoirs publics, ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers.

 


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